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 Le Bénin vu par un jeune 

A Propos De Moi !

  • Christophe D. AGBODJI
  • Journaliste, Ecrivain
Auteur de "La chute du mur de Karakachie"
;  "Le changement, l'autre nom de l'impossible"; En préparation: "Je n'étais pas au pays à l'heure du changement"
  • Journaliste, Ecrivain Auteur de "La chute du mur de Karakachie" ; "Le changement, l'autre nom de l'impossible"; En préparation: "Je n'étais pas au pays à l'heure du changement"

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 06:49

Yayi-souci

(Le spectre d’une deuxième année blanche au Bénin se précise)

Plusieurs tractations ont eu lieu cette semaine en vue de la résolution de la crise qui maintient fermée les portes des écoles béninoises. Entre rencontres officielles et prises officieuses de contacts, gouvernants et syndicats étaient sur le point de trouver cette solution susceptible de remettre l’école sur les rails. Un optimisme heureux, pourtant écourté par les dernières nouvelles qui relancent le débat. Koupaki aurait joué à un autre jeu que celui de son patron qui, dans la hantise des 300 milliards promis pour la fin de ce mois par la banque mondiale n’entend céder aucun kopeck aux grévistes ; de l’autre côté, c’est un des responsables syndicaux, selon des dénonciations qui semblerait jouer à un jeu flou. Où nous mène cette nouvelle allure prise par la situation ?

L’après prologue

koupaki 3Après quelques infructueuses négociations gouvernement et syndicats, le Chef de l’Etat, entre indignation et irritation, a eu recours à quelques anciennes stratégies que qualifiera, quelques jours plus tard Laurent Mètognon du Fesyntra Finance de « méthodes n’ayant jamais donné aucun résultat ». L’abandon des salles de classe n’arrange personne ; ni les enseignants, soucieux de l’avenir des enfants dont ils assurent l’orientation ; ni les parents d’élèves qui espèrent mieux de leurs politiques ; et au milieu, une population d’apprenants, fatiguée d’être resté toutes ces semaines à la maison, loin des cahiers alors que les examens de fin d’année, quoiqu’ils seront, sans doute reportés, s’approchent à grandes enjambées. La prière commune des béninois est de voir cette crise finir le plus rapidement possible. Or, l’envoi des ministres à l’intérieur du pays sera perçu comme une mauvaise volonté du gouvernement et attisera l’ardeur des grévistes qui ont décidé de passer à la vitesse supérieure en prenant d’assaut la primature. Cette initiative portera ses fruits puisqu’elle aura abouti à la relance des dialogues, espoir de la reprise des classes. Les dernières positions du gouvernement et des syndicats étaient tellement concordantes que le malentendu ne se tenait qu’à peine que sur un fil de délai.

La réelle position de Yayi face au jeu flou des syndicats

todjinouLe Chef de l’Etat avait assisté les femmes lors de la célébration de la journée du 8 mars dédiée au sexe dit « faible ». C’était hier au Palais des Congrès. Dans l’euphorie de ces festivités, le Président de la République n’a pas pu cacher sa réelle position sur ce débrayage qui paralyse le secteur de l’enseignement au Bénin. Boni Yayi a laissé parler son cœur et les propos tenus par le Chef ne sont pas d’augures à apaiser la tension. En effet, le Président en exercice de l’Union Africaine dans une démarche teintée de fermeté et d’intolérance, a dénoncé l’attitude des enseignants. Il a réaffirmé sa détermination à ne donner aucun kopeck aux enseignants. Pour le commun des béninois, les propos tenus par le Chef de l’Etat ressemblent fort à une blague quand on se réfère aux propositions faites avant-hier par le premier ministre Pascal Irenée Koupaki au nom du gouvernement. Pourtant, certaines sources proches de la présidence de la République nous ont confié que le premier ministre n’a pas joué au jeu du Chef de l’Etat. A dire vrai, le ministre Irenée Koupaki aurait fait des concessions aux enseignants sans l’aval du Chef de l’Etat. Les mêmes sources ont laissé entendre que le ministre Koupaki et le Président de la République ont eu d’intenses heures d’explications  à propos des négociations qu’il a menées avec les grévistes. C’est pourquoi, celui-ci a été envoyé de nouveau vers les syndicalistes pour leur dire la réelle position du gouvernement. Cette position du Chef de l’Etat s’explique aisément. Dans cet imbroglio, se trouve Boni Yayi, le Chef d’un Etat pauvre qui espère d’ici la fin de ce mois 300 milliards de francs Cfa des institutions de Breton Wood dont la position sur la masse salariale du Bénin est connue de tous. Ces institutions que sont notamment la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (Fmi) regardaient déjà d’un œil inquiétant la situation économique du Bénin. Du coup, Boni Yayi se retrouve dans une position inconfortable. D’un côté, la banque mondiale avec sa valise remplie de milliards et de l’autre, des enseignants brandissant la menace de l’année blanche. Le chef de l’Etat se veut ferme et semble avoir déjà fait son choix.

Et alors ?

azouaQuelle nouvelle allure prendra la crise ? Si Yayi n’entend rien donner, les grévistes, pour sauver l’année laisseront-ils tomber leur revendication ? Yayi accepterait-il vraiment une année blanche sous son mandat ? Les évènements se précipitent et nous tendons de plus en plus vers l’hécatombe. Que se passera t-il réellement au cours des heures à venir ? Bien malin qui élucidera le cours prochain de ce mouvement.

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